21Juin

L’UX design : métier ou compétence ?

Vous avez certainement déjà entendu parler d’UX design, et peut-être cherchez-vous à intégrer un.e UX designer dans votre équipe ? Mais le design d’expérience, est-ce un métier, une compétence, ou une mode ? Quelles sont les différences avec le métier d’UI designer ? Isabelle, Olivier et Julien, trois consultants Nexton, UX designers, livrent leur vision.

 

– Allons directement à l’essentiel : qu’est-ce que l’UX design selon vous ?

Olivier : Pour moi, l’UX n’est pas un métier, c’est une façon de travailler et de penser. C’est le résultat de l’application d’une méthodologie qui découle du Design thinking. Beaucoup de webdesigners se sont proclamés UX, plutôt guidés par des goûts personnels que par une véritable démarche autour de l’expérience utilisateur. Deux métiers commencent à se distinguer autour de l’UX : d’un côté la recherche en s’appuyant sur les sciences humaines, la sociologie, l’ethnologie… (identification des besoins, points faibles, définition de personae, interviews, focus groups…) ; et de l’autre la conception avec le wireframing et la production de maquettes. La réflexion s’enrichit aussi grâce aux données récoltées via le tracking de sites web.
Isabelle : La mission de l’UX designer est d’effectuer un travail approfondi de recherche utilisateur en amont de la conception, pour comprendre les habitudes et les attentes. Ensuite, vient la phase d’idéation avec la définition de personae, à l’aide d’ateliers réunissant UX designers, utilisateurs, responsables de projet… pour voir ensemble comment apporter des solutions à ces besoins identifiés. En tant qu’UX designer, mon rôle est aussi de détecter les freins et les difficultés pour mieux y répondre. Puis on passe au prototypage et aux maquettes.

 

– Quelle est la différence avec le métier d’UI designer ?

Julien : Il y a une confusion fréquente entre UX et UI que je peux comprendre. En ce qui me concerne, je travaille des deux côtés mais je fais bien la distinction. Je sais que ce n’est pas l’avis de tous, mais selon moi un profil peut faire les deux. D’ailleurs, un UI se doit d’avoir une sensibilité UX, il doit penser usage. Faire quelque chose d’esthétique mais d’incompréhensible ou de pas pratique n’a pas de sens. Même dans mes missions d’UI, je challenge toujours la conception.
Olivier : Les entreprises ne font pas toujours la différence avec le métier d’UI, et certains UX designers sont embauché.es uniquement par effet de mode. Pourtant ce sont deux démarches bien distinctes. En effet, l’UI designer est dédié.e au traitement graphique du wireframe et applique une charte. Cela n’empêche pas d’avoir des connaissances en ergonomie, évidemment.
Isabelle : Ce sont des métiers qui peuvent être proches mais qui sont en réalité différents. Tout ce que l’UX fait, c’est pour que l’utilisateur ait une expérience satisfaisante à travers un site internet, une interface… Quant à l’UI, son action intervient quand la maquette est réalisée, avec les éléments placés selon les résultats des recherches. Je transmets les informations dont l’UI aura besoin, telles que : “cette zone est importante, il faut attirer l’œil à cet endroit…”, mais je ne fais pas de design graphique et je ne traite pas les formes ni les couleurs.

 

 

– Quels outils utilisez-vous pour travailler ?

Isabelle : J’étudie les comportements, je réalise des interviews pour comprendre les besoins et les habitudes en administrant des questionnaires. A ce stade, j’ai besoin d’un papier et d’un stylo, tout simplement. J’utilise aussi des outils d’eye-tracking [observation des zones suivies par l’œil sur un écran. ndlr] comme Tobii, et je trace ensuite des parcours en fonction des réponses aux interviews et des observations. Pour le maquettage, j’utilise Axure.
Olivier : Pour la production de maquettes ou le wireframing, j’utilise Sketch, Axure, Photoshop…
Julien : Pour le travail collaboratif avec l’équipe, j’utilise Invision, Avocode, Trello, Asana, mais aussi Sketch, la suite Adobe, Final cut… Pour la partie UX pure, je filme beaucoup pendant les tests. J’utilise aussi des outils traditionnels : des post-its, des paper-boards, et Powerpoint pour les restitutions.

 

– Pour conclure, quelles sont les compétences nécessaires pour être UX designer ?

Julien : Un bon UX doit toujours se soucier de l’expérience utilisateur.
Olivier : Il doit réussir à se projeter plus loin que le seul design d’interface. Je vois l’UX designer au cœur d’une chaîne de production qui commence par le Service designer. Le Service designer développe un service ou une offre qui répond aux besoins des utilisateurs. Pour créer une expérience globale autour de ce service, il faut imaginer comment multiplier les points de contact, et la réponse n’est pas forcément l’interface digitale. Je citerais en exemple Nike qui ne fait pas uniquement des chaussures, mais qui propose des points de vente spécialisés autour du running, les services de coaches, des clubs de running… Ainsi, le Service designer conçoit l’écosystème de services autour d’une marque, et par la suite, l’UX imagine les aspects digitaux et l’UI applique la couche graphique et déploie l’interface.

 

Vous avez un projet et vous souhaitez nous le soumettre pour solliciter des compétences en UX design ? Contactez-nous en ligne pour nous exprimer votre besoin.

 

Sarah

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