L’impact de l’évolution de la technologie sur la médecine

3 août 2021

De la technologie numérique à la biotechnologie en passant par la robotique, la science innove constamment pour offrir aux patients de meilleures méthodes de traitement.

La modification du vivant a ouvert de nouvelles possibilités pour traiter des maladies graves. Les patients sont de plus en plus connectés, ils bénéficient d’une grande variété d’applications qui les aident à se maintenir en forme. Pendant que les robots font leur entrée dans les salles d’opération, des imprimantes 3D fabriquent des prothèses, des tissus et bientôt, qui sait, des organes.

1 – Digitalisation et dématérialisation 

  • Gestion des tâches administratives  

Les Technologies de l’Information (TI) jouent un rôle de plus en plus important et prépondérant dans le secteur de la santé. Une multitude de solutions informatiques est mise à la disposition des établissements de santé, des prestataires de soins, des patients et de la population dans son ensemble. Il s’agit notamment des systèmes d’information clinique utilisés dans les organisations hospitalières qui permettent, entre autres, la gestion des dossiers patients informatisés, des résultats de laboratoire et d’imagerie médicale. On observe aussi un plus grand recours aux différentes formes de télémédecine, dont la téléconsultation, la téléradiologie et les télésoins à domicile, qui visent à fournir un meilleur accès aux services de soins de santé pour les patients géographiquement isolés ou en perte d’autonomie. Enfin, les applications disponibles sur mobiles et tablettes numériques témoignent de leur capacité à transformer, voire réinventer, les façons de dispenser les soins à des patients davantage impliqués dans la prise en charge de leur condition médicale.

  • Téléconsultation  

C’est en 2009 que la France commence à intégrer la pratique de la téléconsultation sous le nom globale de Télémédecine. Le 19 octobre 2010 un décret a été publié pour définir : la téléconsultation, la téléexpertise, la téléassistance, la télésurveillance et la régulation en centres 15.

La 1ère téléconsultation a été effectuée dans la ville de La-Selle-sur-le-Bied dans la région du Centre-Val-de-Loire. Cela a été fait à titre expérimental et pour pallier le manque de médecin dans cette zone. C’est à partir du 15 septembre 2018 que la téléconsultation est répandue sur tout le territoire national et devient en parallèle éligible au remboursement de la sécurité sociale.

Des startups ont vu le jour comme Qare (financé par AXA), Doctolib, Medaviz, pour proposer la téléconsultation. Elles ont facilité l’accès aux soins des patients isolés, évité les déplacements inutiles et assoupli les échanges de documents (ordonnance, certificat et résultat d’examen) entre le médecin et son patient. Au-delà de la mise en place de ces solutions, la téléconsultation doit répondre à deux enjeux importants : assurer le remboursement du patient par la sécurité sociale et la protection des données personnelles (la RGPD).

Confinement oblige, la COVID-19 a accentué la pratique de la téléconsultation. Le gouvernement a participé à son développement en allégeant certaines mesures pour le patient :

  • la possibilité de consulter un autre médecin que son traitant lorsque le patient est atteint de la COVID-19, tout en étant remboursé à 100 % par la sécurité sociale.
  • l’accès aux soins depuis l’étranger,
  • l’accès aux soins facilités,
  • plus de disponibilité du médecin.

Celui-ci aussi y trouve son intérêt :

  • il perd moins temps dans les transports donc augmente ses revenus,
  • la téléconsultation permet une meilleure communication entre les professionnels de santé avec des échanges simplifiés de documents ou d’informations.

 

2 – La robotique (opération chirurgicale)

Il y a environ dix ans, l’apparition d’un robot chirurgical (Da Vinci Intuitive) a révolutionné les méthodes d’opération. Alors que nous étions toujours en chirurgie minimalement invasive, le chirurgien retrouvait grâce à la technologie robotique une vision tridimensionnelle par l’existence de deux canaux optiques. Autre avantage, il retrouve une mobilité en sept dimensions, grâce aux instruments articulés, qui s’avèrent supérieure à celle de la main et du poignet du chirurgien ! Pour la première fois, le chirurgien opère assis sur une console, dirigeant à distance la caméra et les instruments. 

Le développement de la chirurgie robotique, initialement limitée à l’urologie, se répand maintenant extrêmement rapidement à la chirurgie viscérale, à la thoracique, à la cardiovasculaire et à la gynécologique. Elle constitue une formidable avancée technologique dans la prise en charge des patients. Les avantages sont indéniables : opérations moins invasives, récupération du patient plus rapide, risques et infections postopératoires diminués.

Ceci explique bien pourquoi le marché mondial des robots chirurgicaux devrait passer de 3,9 milliards de dollars en 2018 à 6,5 milliards en 2023, selon une récente étude du cabinet MarketsandMarkets. Et pourtant, bien qu’aux USA elle est devenue une pratique courante, en Europe, l’utilisation du système chirurgical da Vinci est encore en essor.

 

3 – Les prothèses 

 L’évolution de la technologie rend aussi un grand service aux personnes en situation de handicap : plus esthétiques, fonctionnelles et même bioniques.

Les chercheurs travaillent, continuellement, sur des prothèses toujours plus performantes, capables de provoquer des sensations perdues comme la chaleur ou le toucher. Ils pensent également que dans vingt ou trente ans, la capacité de la régénération pourrait être possible chez l’homme.

  • Les prothèses esthétiques et les prothèses fonctionnelles :

Les prothèses esthétiques sont utilisées uniquement pour les amputations de membres supérieurs. L’avantage de cette prothèse est son aspect très réaliste. En effet, au cours des années il était possible de créer une prothèse esthétique suite au moulage du membre opposé. La fabrication connaît désormais une grande évolution et cela grâce à l’arrivée des imprimantes 3D qui permettent la réalisation de sur-mesure en scannant les parties du corps devant recevoir une prothèse, la modélisation de l’impression aura des dimensions très précises et permettra d’imprimer des pièces sur-mesure.

Les prothèses fonctionnelles, contrairement aux prothèses esthétiques, permettent de réaliser des activités de la vie quotidienne. On parle notamment des prothèses mécaniques qui sont actionnées grâce aux mouvements du corps et des prothèses myoélectriques ou robotiques qui sont de plus en plus sophistiquées, faites de composants électroniques et de moteurs contrôlées par des capteurs qui détectent l’activité musculaire de l’utilisateur.

Pour pallier aux inconvénients de la prothèse fonctionnelle, les chercheurs ont associé les prothèses mécaniques et myoélectriques à l’esthétique.

  • Les prothèses bioniques

 Les prothèses bioniques sont des prothèses plus évoluées qui permettent de faire les mêmes mouvements qu’avec un vrai membre. Certaines prothèses, les neuro-prothèses, captent le message nerveux en provenance du cerveau qui apporte l’ordre de bouger. Ce sont des appareillages reproduisant le mouvement du membre perdu mais sans l’utilisation d’anciens nerfs ou de muscles devenus inutiles.

1 – Les prothèses myoélectriques et hydrauliques

Les prothèses myoélectriques sont généralement utilisées pour les bras quand la personne a subi une amputation au-dessus du coude ou une amputation de l’avant-bras, elles peuvent contenir une ou deux électrodes qui servent de capteurs des contractions musculaires.

Pour placer les électrodes, il faut tout d’abord chercher le “point moteur“ sur le moignon, c’est-à-dire l’endroit où la tension électrique sera la plus forte. Une fois ce signal électrique capté par l’électrode, il est amplifié et envoyé au microprocesseur qui contrôle les moteurs. Ces derniers se trouvent au niveau des articulations et contrôlent les mouvements de la main. En fonction de l’intensité de la tension électrique, les mouvements vont être appliqués avec plus ou moins de force. Les mains myoélectriques ont la capacité de se fermer, de s’ouvrir, d’entraîner la rotation du poignet.

Les prothèses hydrauliques fonctionnent sur le même principe que les prothèses myoélectriques. La seule différence est qu’elles ont des articulations hydrauliques qui sont donc plus fluides et plus silencieuses. De plus, elles permettent un mouvement séparé des doigts ce que ne peuvent pas des prothèses myoélectriques qui ne bougent que le pouce et l’index séparément avec le reste des doigts qui suivent.

2 –  Les prothèses neurologiques :

Les prothèses neurologiques sont les plus évoluées. Elles permettent des mouvements plus précis et aussi un détachement des doigts contrairement à la prothèse myoélectrique qui facilite la préhension de certains objets. Elles sont directement contrôlées par le cerveau grâce à l’envoi de signaux électriques par le biais des nerfs qui seront ensuite traduits et reproduits par la neuroprothèse, de cette manière, la prothèse effectue des mouvements plus rapides et plusieurs à la fois, ce qui était impossible avec les prothèses moins évoluées. Elles vont permettre à l’usager de ne plus avoir à penser plusieurs fois son mouvement pour qu’il soit continu comme pour les prothèses myoélectriques, mais de penser comme avec de vrais membres afin d’avoir un mouvement fluide et naturel.

 

 4 – Les IRM et Scanners

L’IA trouve aussi son utilité dans les appareils d’imagerie utilisés pour mieux détecter d’éventuelles tumeurs dans les tissus humains. Bien sûr, elle ne se substitue pas à l’expertise des professionnels de santé, mais permet d’appuyer leur diagnostic. L’apport de l’IA est notable : une rapidité d’exécution dans les tâches de contourage (la zone anatomique à cartographier), une détection plus fine et précise des tumeurs et une meilleure adaptation des traitements. Sur ce dernier point l’IA prend en compte les changements physiques du patient (ex : perte de poids) pour ajuster les dosages et éviter d’autres complications qui pourraient toucher d’autres tissus intacts.

Mais la véritable promesse de l’IA en imagerie c’est le deep learning. En analysant un petit nombre de patients souffrant d’une même maladie, comme l’arthrose par exemple, la technologie serait en mesure de détecter à l’IRM des pré-symptômes impossibles à voir par l’œil humain. Le médecin pourrait alors prendre des mesures prédictives pour soulager des patients “apparemment” sains..

 

En conclusion…

Aujourd’hui la demande mondiale en matière de technologie médicale est en forte augmentation. Selon une étude du cabinet Deloitte, le marché des soins de santé est estimé à environ 7,8 billions d’USD à l’heure actuelle, il devrait atteindre les 10 billions d’USD au cours des quatre prochaines années. Cette évolution est due à la croissance exponentielle des technologies, à la médecine personnalisée, aux nouveaux produits en expansion sur le marché et à la demande croissante de services de soins. 

La pandémie de coronavirus a radicalement changé la vie quotidienne des gens du monde entier. Les nouvelles technologies ont prouvé leur importance et efficacité dans les périodes de crises sanitaires, elles sont de plus en plus utilisées en médecine elles permettent de surveiller en permanence notre santé, limiter nos sorties et faciliter les soins des personnes âgées, une population extrêmement vulnérable dans la situation de crise sanitaire. Le développement des technologies médicales, de l’intelligence artificielle, l’utilisation d’algorithmes et autres solutions informatiques contribuent à l’amélioration des soins médicaux et aident les établissements de santé à réduire leurs coûts et à soulager le personnel.

 

Sources : Inserm, Revmed, Futura-sciences, Ipi-ecoles, Ticsante, Hospitalia, Hopital privé Toulon Hyères, Frenchweb, Senioractu, Healphi, Orthopus.
Revu : Technologies de l’information en santé : un regard innovant et pragmatique

Next’Ones, Team NEXTON

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